Les solutions climatiques – Épisode 23 : Les freins économiques, sociaux et culturels qui affectent la mobilité durable au Québec
Dans cet épisode, on va littéralement parler cash, d’argent, avec nos deux invités, Anne-Sophie Evoy, Responsable des subventions et initiatives stratégiques au Fonds climat du Grand Montréal, et Xavier Robidoux, entrepreneur d’écosystème en mobilité durable.
On va commencer avec des chiffres:
Le coût moyen d’un vélo électrique se situe entre 2 000$ et 4 000$.
Celui d’un vélo cargo destiné à M. Mme Tout le monde peut aller jusqu’à 10 000$.
Soulignons la croissance de Bixi à Montréal avec un réseau près de 11 000 vélos (dont 25 % électriques) et près de 1 000 stations. Idem avec ÀVélo, à Québec : En 2026, le réseau àVélo comptera un total de 225 stations et 2 300 vélos électriques.
Mais, le Québec est perçu comme étant en retard dans le déploiement de la mobilité durable, malgré l’adoption de politiques ambitieuses. Au chapitre du vélo, il y a encore une perception que ça ne doit pas être cher. Pourtant sur le terrain, il y a des barrières économiques et sociales pour utiliser le vélo.
1. Comprendre les freins économiques à l’adoption du vélo électrique et du vélo cargo
Le coût réel du vélo : une barrière persistante
- Prix d’achat élevé : Un vélo électrique coûte entre 2 000 et 4 000 $, un vélo cargo grand public jusqu’à 10 000 $, et pour les professionnels, la facture peut grimper à 40 000 $ ou plus.
- Comparaison avec l’automobile : Alors que l’achat d’une voiture à 25 000 $ est socialement accepté, investir 3 000 $ dans un vélo reste perçu comme excessif.
- Faibles marges pour les fabricants : Les marges bénéficiaires dans l’industrie du vélo sont faibles (15-20 %), ce qui limite la capacité à baisser les prix.
Conseils pour lever les barrières économiques
- Profiter des subventions : Le Fonds Climat du Grand Montréal offre des subventions pour soutenir l’achat ou le développement de solutions de mobilité durable. Renseignez-vous sur les appels à projets et les programmes d’aide.
- Favoriser l’économie circulaire : Privilégiez l’achat de vélos reconditionnés ou la location (ex : service mulo véo cargo à Montréal).
- Soutenir les marques locales : Des initiatives comme Mondial proposent des vélos abordables, robustes et adaptés à l’usage urbain, favorisant l’accès à tous.
2. Changer les mentalités : du vélo loisir au vélo utilitaire
Le poids de la culture et des perceptions
- Le vélo, encore vu comme un loisir : Au Québec, le vélo est souvent perçu comme un sport ou un loisir, non comme un véhicule du quotidien.
- Exemple des Pays-Bas : Là-bas, le vélo est intégré à la culture comme un mode de transport principal, utilisé par toutes les générations.
- Évolution chez les retraités : Le vélo électrique séduit de plus en plus les aînés, qui y voient un moyen moderne et pratique de se déplacer.
Actions pour transformer la culture vélo
- Éducation et sensibilisation : Soutenir des programmes comme Cycliste Averti ou Vélorution, qui forment à la sécurité et à l’usage quotidien du vélo.
- Valoriser le vélo comme véhicule : Changer le discours public pour positionner le vélo au même rang que l’automobile.
- Impliquer tous les publics : Adapter les messages et les infrastructures pour inclure les familles, les personnes âgées et les communautés à faibles revenus.
3. Développer des infrastructures adaptées et sécuritaires
Les infrastructures, clé de l’adoption
- Réseaux en expansion : Montréal et Québec développent rapidement leurs réseaux de vélos en libre-service (Bixi, ÀVélo), mais l’infrastructure doit suivre.
- Manque de stationnements sécurisés : Contrairement à l’Europe, Montréal manque encore de stationnements pour vélos, ce qui freine l’usage quotidien.
- Sécurité routière : Le sentiment d’insécurité reste un frein majeur, surtout pour les nouveaux usagers.
Recommandations pour améliorer l’environnement cyclable
- Investir dans les stationnements : Développer des stationnements sécurisés et accessibles dans les quartiers résidentiels et commerciaux.
- Créer des pistes cyclables continues et protégées : Prioriser les axes structurants et les connexions interquartiers.
- Impliquer les municipalités : Sensibiliser les décideurs à l’impact positif des infrastructures cyclables sur l’économie locale et la santé publique.
4. Soutenir l’innovation et la mutualisation dans la logistique urbaine
Adapter la livraison à vélo au contexte québécois
- Densité urbaine plus faible qu’en Europe : Les projets de livraison à vélo doivent cibler les quartiers denses pour être viables.
- Mutualisation des ressources : Des projets comme Colibri par Coop Carbone mutualisent espaces et coûts entre transporteurs pour optimiser la logistique du dernier kilomètre.
Conseils pour les entreprises et porteurs de projets
- Utiliser des outils de simulation : Les simulateurs dynamiques permettent de modéliser différents scénarios de livraison et d’optimiser les choix logistiques.
- Cibler les bons territoires : Éviter de déployer des solutions là où la densité ne le justifie pas, pour garantir la rentabilité.
- Collaborer avec les acteurs locaux : Mutualiser les ressources entre entreprises, OBNL et municipalités pour maximiser l’impact.
5. Mesurer et valoriser l’impact social et environnemental
Au-delà du CO2 : des bénéfices multiples
- Réduction des émissions : Les projets financés par le Fonds Climat ont permis d’éviter plus de 272 000 tonnes de CO2 en 2024-2025.
- 6 000 heures de bénévolat par an : Un engagement massif qui nécessite accompagnement, formation et reconnaissance pour éviter l’épuisement.
- Amélioration de la qualité de l’air : Moins de voitures, c’est aussi moins de pollution et de maladies respiratoires.
- Création d’emplois et dynamisation économique : Le développement de la filière vélo génère de nouveaux emplois et
Conseils pour maximiser l’impact
- Intégrer l’évaluation d’impact dans chaque projet : Mesurer à la fois les gains environnementaux et sociaux.
- Communiquer sur les bénéfices : Valoriser les retombées positives auprès du grand public et des décideurs pour renforcer l’acceptabilité sociale.
- Soutenir l’inclusion : Veiller à ce que les solutions soient accessibles à tous, notamment aux ménages à faibles revenus.
6.S’inspirer des initiatives locales et internationales
Conseils pour les porteurs de projets
- S’inspirer des modèles européens : Adapter les bonnes pratiques à la réalité québécoise.
- Tester et ajuster : Commencer par des projets pilotes dans les quartiers les plus propices, puis élargir progressivement.
- Chercher du financement innovant : Combiner fonds publics, privés et philanthropiques pour diversifier les sources de soutien.
7. Accélérer la transition grâce à la collaboration et à l’engagement citoyen
Le rôle des OBNL et des organismes caritatifs
- Prendre des risques : Le Fonds Climat du Grand Montréal peut financer des projets innovants que d’autres bailleurs n’oseraient pas soutenir.
- Agir comme catalyseur : En mobilisant différents types de financement, le Fonds accélère la transition vers une mobilité durable.
Vers une mobilité durable, inclusive et ambitieuse
L’adoption du vélo électrique et du vélo cargo à Montréal et au Québec passe par une transformation profonde des mentalités, un soutien financier adapté, le développement d’infrastructures sécuritaires et une volonté politique affirmée. Les initiatives locales, soutenues par des organismes comme le Fonds Climat du Grand Montréal, montrent la voie vers une mobilité plus verte, plus inclusive et plus résiliente.
Précision❗️: Le Fonds Climat du Grand Montréal a fait un investissement direct au sein de la compagnie 7Gen pour l’électrification d’autobus scolaires et non dans la compagnie Lion Electric.
À propos du Fonds Climat du Grand Montréal: https://fondsclimatmontreal.com/
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Ce projet est financé par le ministère des Transports et de la Mobilité durable dans le cadre du programme d’aide MobilisActions.