INSOMNIE À LA COP28 DE DUBAï

Il est 3 heures du matin ici à Dubaï, le décalage horaire de 9 heures m’empêche de dormir et de récupérer de mes longues heures de vol. Cependant, c’est avec un mélange d’enthousiasme et de réalisme que j’arrive à la COP28 à Dubaï, la conférence annuelle des Nations Unies sur le changement climatique, qui se déroule du 30 novembre au 12 décembre 2023. Cet événement d’envergure mondiale, malgré ses critiques, reste une tribune cruciale pour débattre, négocier, et surtout, agir pour l’avenir de notre planète.

Le terme COP signifie « Conférences des Parties » (« Conference of the Parties » en anglais). Ici à Dubaï, elle rassemble les 198 « parties », à savoir les 197 États et l’Union européenne signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce sont ces 197 pays qui doivent parvenir à un accord pour dicter la transition climatique de notre planète. Comme vous le savez, obtenir un simple consensus au travail lors d’une réunion d’équipe avec quelques partenaires peut être difficile, alors imaginez cela à l’échelle de 197 pays… Le défi est colossal, mais absolument nécessaire.

L’an dernier, j’ai eu le privilège d’assister à la COP27 à Charm El-Cheikh en Égypte, où la mobilisation exceptionnelle de la délégation québécoise a témoigné de notre engagement fort et unificateur envers ces enjeux cruciaux. En décembre 2022, Montréal a accueilli la COP15 sur la biodiversité, marquant une étape significative dans la prise de conscience et l’action en faveur de notre environnement. Que nous le voulions ou non, le monde est en transition, et le Québec, en tant que partie prenante, contribue à influencer la masse afin d’atteindre le point de bascule.

Pourquoi participer à la COP28 ?

C’est la question qu’on me pose constamment : servent-elles à quelque chose ces COP ? La réponse est complexe, mais ma conviction personnelle est que même si les progrès sont parfois lents, ces conférences sont indispensables pour catalyser le changement à l’échelle mondiale. C’est dans cet esprit que je me rends à Dubaï au nom de Coop Carbone, avec des objectifs clairs et une détermination à contribuer aux solutions.

La COP28 s’annonce comme une édition de démesure, avec plus de 70 000 participants attendus. Cela en fait la plus fréquentée de l’histoire des COP, soulignant l’ampleur de la mobilisation mondiale face aux enjeux climatiques, de biodiversité et de désertification. Dès mon arrivée, on constate cette démesure palpable qui contraste avec les objectifs clés de notre visite.

La Coop Carbone à la COP28

En tant que directeur du développement de Coop Carbone, ma présence à la COP28 est motivée par notre engagement envers la transition écologique. Fondée sur les valeurs de durabilité et de responsabilité, Coop Carbone vise à jouer un rôle actif dans la lutte contre les changements climatiques. C’est autour de la table des décisions et entouré des acteurs clés de la transition que nous réussirons à jouer notre rôle d’influence et à accélérer le changement de comportement social.

Lors de cette conférence, nous mettrons l’accent sur plusieurs points cruciaux :

Dépasser les frontières pour des solutions mondiales

Les crises climatiques, de biodiversité, et de désertification transcendent les frontières nationales. Aucun État ne peut les résoudre seul. C’est pourquoi la coordination mondiale à travers des forums telle que la COP28 est essentielle. Ces conférences ne sont pas simplement des négociations, mais des rendez-vous mondiaux où des milliers de spécialistes, ONG, entreprises et acteurs financiers convergent pour trouver des solutions.

En tant que représentant de Coop Carbone, je comprends l’importance de participer aux COP pour les bonnes raisons. Nous ne sommes pas là en tant que simples spectateurs, mais comme des acteurs engagés qui influencent, à notre échelle, le mouvement de transition. Notre objectif est de partager notre expertise, d’apprendre des meilleures pratiques, et de contribuer à des solutions concrètes pour obtenir un maximum d’impact.

Mettre le monde en mouvement

Il n’y a pas de surprise: ma conviction est que la solution réside dans la révision de notre modèle économique actuel. La croissance infinie dans un monde aux ressources finies n’est pas durable. Nous plaidons pour une transformation profonde qui place le bien-être de tous au cœur de nos décisions collectives et individuelles.

La COP28 de Dubaï représente une opportunité unique pour renforcer ces convictions, réseauter, créer des alliances, et prendre des décisions collaboratives. Oui, ces conférences sont exigeantes, mais elles sont également l’occasion de débloquer des dossiers complexes, de réaliser des avancées et de développer de nouvelles initiatives.

Donnons une chance à cette COP

Bien que la COP28 se déroule dans un pays qui semble être à l’antithèse du développement durable, présidée qui plus est par le PDG d’une pétrolière, il est inévitable que les médias du monde entier soient prêts à dénigrer l’événement. Malgré cette réalité et la démesure annoncée, je reste profondément convaincu que cette rencontre peut être un catalyseur significatif pour le progrès.

En dépit des apparences, Dubaï peut devenir le théâtre de changements positifs et de prises de conscience nécessaires. Je suis résolu à aborder cette COP28 avec une perspective ouverte, prêt à jouer notre rôle d’influence pour être le témoin des réussites et des échecs de cette réunion décisive.

Allez, bonne nuit et à demain pour voir ce que vaut cette COP. Je vous tiens au courant…

Nicola Potvin

Directeur du développement et des communications
Coop Carbone

https://www.cop28.com/